
L’histoire de ce couple ressemblait cruellement à celle de beaucoup d’autres couples, un mariage, deux enfants, un foyer, un mari routier absent la semaine, des différents, des disputes, des hauts, des bas, des années qui s’écoulent, des jours qui passent puis qui commencent à se ressemble désespérement, amèrement, pour elle et non pour lui, parce lui ne voit pas ou ne veut pas voir que “le meilleur pour lui est devenu le pire pour elle”. La constante la plus marquante dans le cadre des crimes passionnelles, ce n’est pas la jalousie, mais la vulnérabilité narcissique (le besoin impérieux d’être aimé) mais également et surtout l’angoisse d’être abandonné. L’être aimé est objet d’étayage avec lequel il forme un tout indissociable. Perdre l’autre est inconcevable car cet autre est le meilleur de soi-même et une pièce irremplacable de l’édifice. Si elle vous quitte, c’est tout l’édifice qui s’écroule. Par le passage à l’acte, le lien d’amour imaginaire est maintenu dans l’esprit de l’auteur, sans crainte d’être désormais menaçé. Daniel ZAGURY, emminent expert a écrit dans son ouvrage la barbarie des hommes ordinaires : “en tuant son partenaire, le passionnel empêche l’objet d’amour d’appartenir à un autre, le conservant ainsi de façon éternellement”